Thomas Pesquet, astronaute et Ambassadeur de l'UNICEF France.
© ESA

L'astronaute Thomas Pesquet, ambassadeur de l'UNICEF France dans l'espace

Découvre le dernier message de Thomas Pesquet depuis l'espace !

Le 17 novembre 2016, l'astronaute français de l’ESA (Agence spatiale européenne), Thomas Pesquet partira pour la Station spatiale internationale ISS et deviendra le premier Ambassadeur de l’UNICEF France dans l’espace.

Le plus jeune des astronautes européens passera 6 mois dans les étoiles, jusqu’en mai 2017.  Il mènera notamment des expériences scientifiques qui permettront d’améliorer les conditions de vie sur Terre. Thomas Pesquet aura aussi pour mission de  défendre la cause des enfants en tant qu’Ambassadeur de l’UNICEF France, sur des sujets comme l’impact du changement climatique ou encore l’accès à l’eau potable.

Nous l’avons rencontré pour lui parler de sa mission et de son engagement pour les enfants. Extraits :

Comment allez-vous concrètement être « défenseur des droits de l’enfant » depuis l’espace ?

Et bien déjà en profitant de cette mission de 6 mois et de l’attention qu’elle va (j’espère !) susciter, pour faire entendre la détresse de nombreux enfants dans le monde, en diffusant des messages – lors d’interventions en direct, au travers de vidéos ou encore sur les réseaux sociaux – sur des thèmes tels que les conséquences du changement climatique, l’accès à l’eau potable, l’éducation de qualité que chaque enfant devrait recevoir, l’égalité fille-garçon…

Mais également par les expériences scientifiques que je mènerai sur la Station : là-haut, nous utilisons les propriétés de l’apesanteur et de l’environnement spatial pour accéder à des résultats qui sont impossibles à  voir sur Terre ; j’ai essayé d’orienter le plus possible le choix de ces expériences vers des applications concrètes qui amélioreront les conditions de vie sur notre planète. Nous menons par exemple une expérience sur le traitement de l’eau (ressource vitale très limitée pour nous dans la station !) et nous avons développé une nouvelle manière, extrêmement simple et portable, de tester si l’eau est potable et si elle contient des bactéries ; cela pourrait servir à améliorer l’accès à l’eau potable sur Terre, qui fait encore aujourd’hui défaut à des millions d’enfants.
(...)

Vous réalisez aujourd’hui votre rêve d’enfant. Quel message pour les enfants du monde ?

Celui que « tout est possible ». Rien n’est facile, mais tout est possible ! Petit, je n’avais aucune idée de comment faire pour devenir astronaute, je ne savais même pas si c’était faisable pour quelqu’un comme moi… Je ne viens pas d’un milieu défavorisé j’ai eu de la chance, mais je vivais dans un tout petit village de campagne, mon père était prof de maths et ma mère institutrice, nous étions très loin du monde des pilotes et des astronautes ! Finalement, pas à pas, je me suis rapproché de ce rêve, grâce notamment à l’éducation à laquelle j’ai eu accès, et à mes parents qui m’ont soutenu. Une partie de moi n’a toujours pas vraiment réalisé, mais quand je serai là-haut, je me reverrai tout-petit dans les navettes spatiales que me construisait mon père avec des cartons de déménagements et des coussins dedans…

Mon rêve aujourd’hui, ce serait d’aider les enfants à réaliser le leur, quel qu’il soit. Il faut s’engager sur le chemin, même si on ne sait pas trop où l’on va… Malheureusement dans certains pays, vous êtes entravés : si vous êtes une fille par exemple et que « l’école ce n’est pas pour les filles », ou qu’un conflit éclate dans votre région… vous n’avez la possibilité de vous engager sur aucun chemin, car ils sont tous barbelés ! Mon rêve ce serait d’ouvrir la voie, et que tous les enfants puissent emprunter tous les chemins du monde, et se créer des ailes qui les emmèneraient là où ils ont envie d’aller !

Les enfants sont les adultes de demain… mais déjà citoyens aujourd’hui : quelle place pour eux ?

Une place centrale : nous devrions davantage consulter les enfants et les jeunes, ils ont une manière de réfléchir différente, une faculté à voir les choses autrement… et peuvent provoquer des réflexions que nous n’arrivons plus à avoir, nous adultes qui sommes « formatés » avec le temps. Il faut faire participer les jeunes, ils ont de réelles pistes de solutions à apporter à de nombreux problèmes !

Nous le faisons déjà à l’ESA, tout un volet de nos expériences scientifiques leur est destiné – grâce à des kits, ils réalisent dans leurs collèges et lycées partout en Europe les mêmes expériences que moi à bord de l’ISS, et nous comparerons nos résultats !

Quand je fais des interventions pour présenter ma mission, ce sont toujours les enfants qui ont les meilleures questions. J’adore dialoguer avec eux parce qu’à chaque fois j’apprends énormément, un peu à la manière du pilote quand il rencontre le Petit Prince : ses questions qui ont l’air farfelues sont en fait très sérieuses et lui ouvrent l’esprit sur beaucoup de choses et lui fait un peu comprendre la poésie du monde…

Tout au long de sa mission, de novembre 2016 à mai 2017, Thomas Pesquet nous enverra des messages de l’espace pour sensibiliser le grand public à la cause des enfants et aux enjeux de demain.

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  • Qu’est-ce que l’ESA ? L’Agence spatiale européenne (ESA) constitue la porte d’accès de l’Europe à l’espace. L’ESA est une organisation intergouvernementale créée en 1975, dont la mission consiste à favoriser le développement des capacités spatiales de l’Europe. L'ESA veille à ce que les investissements dans le secteur spatial bénéficient aux citoyens européens et du monde entier. Aujourd’hui, l’ESA développe et place en orbite des satellites d’observation de la Terre, de navigation, de télécommunication et d’astronomie, expédie des sondes jusqu’aux confins du Système solaire et participe à l’exploration humaine de l’espace

 

  • Qui est Thomas Pesquet ?

    Thomas est né à Rouen (France), le 27 février 1978. Thomas suit une classe préparatoire aux grandes écoles au Lycée Pierre Corneille de Rouen, dont il sort en 1998. Il entre ensuite à l’École Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace de Toulouse (Supaéro), dont il est diplômé en 2001. Il passe sa dernière année de formation à l’École polytechnique de Montréal (Canada), dans le cadre d’un programme d’échange d’étudiants suivant le master Aéronautique et espace. En 2006, il obtient sa licence de pilote de ligne après avoir suivi la formation Air France. En mai 2009 il est sélectionné pour devenir astronaute. Pour se préparer à une mission spatiale, Thomas suit un entraînement technique et opérationnel complémentaire en Europe, en Russie et aux États-Unis. Le 17 mars 2014, Thomas est affecté à une mission de longue durée (environ 6 mois) à bord de la Station spatiale internationale. Il quittera notre planète pour six mois en novembre 2016 en cadre de sa mission « Proxima ». Son retour est prévu en mai 2017.

Publié le 14 novembre 2016 | Modifié le 20 juin 2017
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