On 6 April 2020 in Sarajevo, Bosnia and Herzegovina, Nera looks through the window and asks again why she cannot go out.
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Etude Confeado : les enfants et jeunes s'expriment sur leur santé mentale

L’étude CONFEADO menée en 2020 livre ses premiers résultats concernant les conséquences du confinement sur la santé mentale des enfants et jeunes.

Cette étude menée avec l'hôpital Avicenne de Bobigny et l'Université Sorbonne Paris Nord, en partenariat avec l’Inserm, l'Université de Tours, CN2R, l'EHESS, le Lab School Network, le CNRS et avec le soutien du Fonds FHF et le soutien d'UNICEF France analyse comment les enfants ont vécu émotionnellement la période du premier confinement et leurs stratégies pour y faire face.

Elle a été menée via internet du mois de juin et septembre 2020, auprès de 3898 enfants de 9 à 18 ans, parmi lesquels 81 jeunes pris en charge par la protection de l’enfance.

L’étude CONFEADO met en exergue d'importantes disparités en santé mentale. Ces disparités sont classiquement retrouvés selon l’âge et le sexe, avec une santé mentale plus impactée chez les adolescents (13-18 ans) que chez les enfants (9-12 ans) et une santé mentale plus impactée chez les filles que chez les garçons.

Elle met aussi en évidence une nette fracture sociale lors du premier confinement :

  • Les enfants et des adolescents qui ont ressenti davantage de détresse sont ceux qui étaient exposés à des conditions de logement difficiles (confinés en zone urbaine, dans un appartement ou une maison sans jardin, sans accès à un extérieur dans le logement, sur-occupation du logement sans possibilité de s’isoler), des conditions économiques difficiles (difficultés financières et alimentaires, période de chômage des parents avant le confinement, baisse des revenus suite à l’épidémie et pas de connexion à internet), et issues de familles plus fragilisées (familles monoparentales, avec un niveau d’étude plus faible, des parents ouvriers ou employés, davantage étrangers, et avec un isolement social). Ces enfants et adolescents ont souffert davantage d’un manque d’activité pendant le confinement : moins de sorties à l’extérieur, une forte consommation d’écran avec davantage de temps quotidien passé sur les réseaux sociaux, moins de contacts avec leurs amis et moins d’ activités ludiques avec des adultes. Ces enfants étaient davantage dépassés par les devoirs que les autres. La détresse psychologique était également influencée par l’infection et l’hospitalisation d’un proche suite à la Covid-19.
  • Les enfants les plus résilients étaient ceux qui n’ont pas eu de détresse pendant le confinement, avaient de meilleures conditions de vie, avec des activités à l’extérieur, des contacts avec des amis, une consommation modérée des réseaux sociaux et ayant eu des activités ludiques avec des adultes tous les jours.

Ces premiers résultats montrent l’importance d’intégrer des politiques sociales différenciées pour promouvoir la résilience en situation de crise sanitaire. Le soutien financier aux familles monoparentales, le maintien des activités périscolaires, et les sorties régulières sont des éléments pouvant influer sur la santé mentale des enfants et des adolescents en période de confinement. L’accompagnement des jeunes dont un proche a été infecté ou hospitalisé des suites de la Covid-19 est à promouvoir, ainsi que les initiatives de diffusion d’une information accessible et adaptée aux parents et aux enfants sur la situation afin de préserver au mieux leur bien-être mental durant cette pandémie.

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Crédit photo : © UNICEF/UNI320510/Isanovic

Publié le 19 mai 2021 | Modifié le 20 mai 2021
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